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2015-03-11

L’Idéal Des Aspects-Majeurs Du Travail

L’observation attentive de la vie fait constater que le travail est un facteur capital au cœur du déroulement de la vie. Le propos de ce document est de se pencher sur les aspects-majeurs de ce facteur par lequel l’Homme peut initier et mettre en œuvre des projets pour se réaliser.

Prescription divine

Le travail est une prescription divine qui concerne toute créature de la Terre. Loin d’être une punition divine, le travail est une grâce accordée, par DIEU, à l’Homme pour construire sa vie, pour s’épanouir. Contrairement à ce que certaines gens croient, le travail n’est pas un châtiment de DIEU; le châtiment est autre et est ailleurs. Il attire l’attention des hommes sur le fait que sans travail la vie elle-même ne serait pas possible. Le travail fait vivre et sans le travail, il n’y aurait point de salut pour l’Homme.

Les organes du corps doivent travailler pour assurer le fonctionnement et le maintien en vie de toute créature. S’il advenait qu’un organe ne travaille pas ou simplement qu’il ne travaille pas convenablement, cela créerait des ennuis certains. La Terre elle-même travaille; il serait inadmissible que l’Homme lui ne travaille pas. Il est à noter qu’il existe dans toute production humaine une chaîne de complémentarités pas toujours évidente et perceptible. Lorsque par exemple le cultivateur fait le travail de semence, la Terre fait à son tour sa part de travail dans le but du résultat escompté. Tout le monde a le droit sinon, le devoir de travailler. Dans les temps anciens les hommes n’avaient aucune difficulté à trouver du travail. Mais cette époque de l’humanité a malheureusement établi un système sociétal qui engendre des conséquences comme le chômage et la retraite. Ce type de systèmes manifestement inaptes à assurer le plein-emploi pour tous montre par ce défaut la gaucherie de sa conception.

Dimension spirituelle

Le travail revêt une dimension spirituelle qu’il est nécessaire de ne pas occulter. Cette dimension du travail permet à l’Homme de se transcender avec un effet-retour bénéfique sur la dimension matérielle du travail. Il est hors du cadre de ce document de parler du travail spirituel dans son contenu mais il nous recommande de chercher à savoir plus sur le travail spirituel qui sanctifie. Avec le travail spirituel l’Homme s’améliore plus certainement car par ce biais il active et affine ses nombreuses facultés. Celui qui néglige le côté spirituel du travail est semblable à un cycliste dont un pied est dans le plâtre et qui ne peut donc que se servir d’un seul pied alors que l’Être Suprême l’a doté de deux pieds. Pathétique! Mais l’humanité est dans un monde où la plupart des gens sont comme ça -avec un pied immobilisé dans le plâtre, tout en l’ignorant-, ce qui laisse beaucoup de personnes penser qu’il s’agit là d’une situation normale. Également il souligne que le but du travail spirituel n’est pas la richesse matérielle. Malheureusement aujourd’hui le monde s’est tellement laissé aller à Mammon qu’il n’y a que les choses matérielles qui préoccupent les hommes. Les organisations religieuses en sont ainsi arrivées à être prises pour des moyens générateurs de revenus. Or l’office religieux ou la diffusion des évangiles ne saurait être considérée comme un travail à but lucratif. Ce travail est un sacerdoce, un sacrifice de soi qu’on consent de faire volontairement à côté d’une activité lucrative.

Dans les temps très anciens un prêtre, c’est quelqu’un qui a un métier, une activité professionnelle dont il vit. S’il est intéressé par l’écriture, il devient écrivain. Si c’est le commerce qui l’intéresse, il va être un commerçant. Il peut s’adonner à d’autres métiers comme ceux de menuisier, de fermier, ou autre. Et c’est ce travail qui va lui procurer de l’argent. Ce qu’il fait en tant que prêtre, c’est par un sacrifice personnel qu’il l’accomplit. Mais quand on veut faire de l’office religieux une profession pour avoir un gagne-pain, rouler en carrosse, etc. c’est à coup sûr la porte ouverte à toute sorte de déviances.

Motivation

Il a de la peine de voir que le matérialisme, cause de la corruption généralisée de l’humanité, est devenu la motivation première qui pousse l’Homme à travailler. À l’origine l’Homme travaillait par principe de conformité à l’ordre divin, par obligation morale, et il se contentait de la satisfaction des besoins matériels essentiels (aliments, vêtements, logement). Plus tard, de faux besoins -avec de fausses théories pour justifier les faux besoins-, ont fait leur apparition conduisant l’Homme dans une malheureuse course effrénée pour des possessions matérielles. Idéalement ce sont le devoir moral, la vocation, la conscience professionnelle qui doivent être les ressorts pour le travail. Au lieu de cela c’est plutôt l’attrait du pouvoir, le souci de gravir des échelons le plus vite possible, l’occupation de postes et les avantages liés à ces choses qui guident les hommes devenus carriéristes. Il apparaît de plus en plus que les hommes ne s’orientent plus dans un métier par vocation mais par recherche de revenu et de reconnaissance sociale que pourrait apporter ce métier.

L’esprit du travail s’est de plus en plus détérioré et les gens se sont mis à croire que c’est pour des raisons spécifiquement matérialistes qu’il faut travailler. Du coup, ceux qui ont de l’argent se disent qu’ils n’ont pas besoin de travailler. Mais rien n’est plus faux. Heureusement qu’il y a certaines personnes qui savent qu’elles doivent travailler même si elles sont immensément riches. Il a par exemple connaissance d’un riche héritier qui lui n’a aucunement cherché à se soustraire au devoir du travail. Malgré sa richesse il travaillait, et ceci gratuitement. Ce faisant, ce sage héritier faisait deux choses: d’abord il accomplissait son devoir de travailler et ensuite il venait en aide aux autres par le travail gratuit qu’il faisait. C’est un bel exemple à suivre pour les gens fortunés qui se vautrent dans la paresse, la fainéantise et qui s’imaginent que c’est leur fortune qui leur en donne le droit.

Avantage

Le travail grandit l’Homme dans la dignité, le préserve de l’oisiveté et le met bien souvent à l’abri de vices comme le vol, l’escroquerie. Le travail est un facteur d’épanouissement par lequel l’Homme s’améliore dans ce qu’il fait et acquiert de la maîtrise. Dans le travail certains ont trouvé un formidable exutoire pour leurs souffrances terrestres. Lorsque l’Homme ne travaille pas, il n’est que plus facilement exposé à la débauche, à la perversion et à la corruption physique, mentale, intellectuelle.

Par ailleurs, le travailleur doit dans son travail se soucier du profit de son travail pour lui-même et pour ses semblables. Il y a une satisfaction morale certaine à participer à l’intérêt général. Si un travail doit apporter de la souffrance ou un quelconque ennui aux autres, alors il se pose un problème qu’il faut corriger. Dans l’idéal tout travail doit concourir à un apport positif global. Ne pas produire de nuisances sonores ou tenir sa maison propre, par exemple, a un intérêt aussi bien pour soi que pour son voisin car cela participe à un environnement sain, bénéfique pour tous. Ainsi une activité immorale n’est pas du travail mais un crime, une atteinte à l’humanité.

Valeur-travail

Une œuvre tire sa valeur de la valeur-travail qui a permis sa création, c.-à-d. de la quantité totale de travail qu’il a fallu pour "forger" l’ouvrage. Une gymnastique intellectuelle a consisté à l’émission d’une notion dite «valeur d’usage» qui serait la mesure de la valeur d’un bien. Mais la question qu’il se pose est: d’où provient la valeur d’usage? Est-ce une valeur ex nihilo sortie de nulle part? Il pense bien que ce qui est appelé valeur d’usage repose sur la valeur-travail.

Soit à considérer l’exemple des biscuits. Il faut du blé pour fabriquer du biscuit mais pour le fabriquant le blé en herbe n’est pas ce qui l’intéresse. Ce qui l’intéresse, c’est la farine de blé. Cette farine qui a sa valeur d’usage n’est obtenue qu’à la suite d’un travail donné sans lequel la farine n’aurait pas une telle valeur d’usage. Le type du biscuit lui-même, sa consistance, son parfum (vanille, fraise, etc.), son emballage et quelque soit d’autre, requièrent un travail. Considérons aussi un véhicule de ville et un tracteur pour les travaux champêtres. La valeur d’usage du tracteur vient d’un travail qui a permis d’avoir ce tracteur, sensiblement différent de celui qui a produit le véhicule de ville. Il y a par conséquent toujours une valeur-travail derrière une valeur d’usage, ce qui montre que la valeur-travail est «par excellence» la valeur fondamentale réelle. Et il est faux de penser que cette valeur-travail ne prend son entière importance qu’à l’étape du produit fini. La valeur-travail est importante depuis le début de la chaîne de production jusqu’à l’arrivée. Aussi faut-il que le producteur de cacao jouisse de son travail autant que le fabricant de chocolat veut jouir du sien; encore que le fabricant de chocolat ne peut pas travailler si aucun producteur ne produit du cacao.

Mais cette conception n’intéresse guère ceux qui veulent exploiter la force de travail des autres qu’ils dévaluent pour ne pas avoir à en payer le prix juste. À la vérité, il faudrait vraiment se poser la question simple de savoir qui travaille plus que qui.

Structure

Dans les temps anciens la culture du travail a donné naissance à une répartition des métiers par caste. Dans les sociétés africaines par exemple, selon la famille ou la collectivité dans laquelle une personne naissait, elle était destinée à un métier précis (griot, forgeron, fermier, artisan, notable-administrateur, etc.). Cela correspondait à l’idée d’une classification par répartition socioprofessionnelle qui permettait une distribution des responsabilités, l’instauration d’un ordre et une bonne administration. À cette structuration et cette répartition socioprofessionnelle des temps anciens se sont substituées une division du travail et un fractionnement progressif du travail avec comme résultat une spécialisation excessive dans les métiers.

Cet état de choses est en fait loin d’être bénéfique sur le plan individuel. Il se trouve que la spécialisation restrictive est un enfermement, ou en d’autres termes, un emprisonnement. Le spécialiste est (souvent à son propre insu) emprisonné dans sa spécialité «restreinte» avec pour conséquence une incapacité grandissante à l’appréhension, à la compréhension -et à plus forte raison à la résolution-, des problèmes qui sortent du cadre de sa spécialité. Il arrive d’ailleurs que même les solutions aux problèmes de son propre domaine lui échappent, emprisonné qu’il est. Si on observe bien, on se rend compte que de manière générale, les personnes qui sont parvenues à apporter de vraies solutions innovantes à divers métiers sont le plus souvent des gens "libres" qui sont en mesure de "penser à la marge", pour ainsi dire. Ces gens sont des gens qui arrivent à sortir des sentiers battus; ce dont est rarement capable un spécialiste trop emprisonné dans la prison de sa spécialité. On imagine assez pourquoi l’idée lumineuse a du mal à germer dans la rectitude d’esprit du spécialiste. Et c’est ici qu’apparaît alors de manière éclatante l’intérêt d’être un pluri-spécialiste, un polyvalent "généraliste" ou un éclectique assoiffé, à défaut d’être un vrai omniscient.

Observation du repos

Il n’est pas faux de dire qu’il est utile que dans le travail on observe des périodes de repos mérité. Travailler sans se reposer est très dommageable pour la santé. L’excès de travail est à combattre autant que la paresse est à condamner. Voilà pourquoi il faut se méfier de l’incitation au dépassement de soi qui peut être la cause de graves maux. Idéalement le temps de repos doit être scrupuleusement respecté mais pour des raisons d’incapacités de planification et de gestion des ressources humaines, il arrive, dans beaucoup d’entreprises, qu’on empêche les travailleurs de prendre leurs congés en leur demandant sans cesse de remettre à plus tard; ce qui, à leur propre ignorance, aggrave la nocivité d’une trop grande accumulation de temps de travail. Le repos est une thérapie qui a des effets bénéfiques incontestables de redynamisation, de "ré-oxygénation" du travailleur par le renouvellement de l’énergie dépensée. Ceci dit, le travailleur lui-même doit être prudent à ne pas se laisser aller à de trop longs repos qui peuvent le faire sombrer dans la paresse qui, il faut le signaler, est un vice.

Il faut donc savoir se reposer pour éviter les excès à conséquences dégénératives des facultés mentale, intellectuelle, psycho-fonctionnelle (surmenage, infarctus, autres).

Pour finir, il lui paraît important d’exhorter l’Homme à renouer avec l’idéal du travail. Pour ce faire, il faut instaurer un système qui bannit le travestisme de l’esprit du travail, l’ajournement des congés, les motivations matérialistes, l’intérêt individualiste mais qui prône les valeurs de vocation, d’intérêt général, de devoir moral, de repos mérité, de justice sociale basée sur la reconnaissance du travail effectué. Surtout, l’esprit du travail en tant que prescription divine doit être restauré et respecté. Le rejet de ces principes vertueux par tout système de travail le rend non seulement imparfait mais pervers.

Il vous remercie pour votre précieuse attention. Et United Kingdom of Love vous souhaite l’Amour et le Meilleur chez vous.

© Copyright United Kingdom of Love - Tous droits réservés.

2015-02-20

Les Maux De La Retraite

Les sociétés humaines ont créé et adopté un système qui veut qu’à un certain âge ou après une certaine période de travail que l’on arrête de travailler: c’est la retraite. L’intérêt aurait été que cela soit moralement cohérent et satisfaisant avec un bénéfice non pas financier mais existentiel pour l’Être humain. Mais à bien d’égards il apparaît plutôt que la retraite est un tort, un fâcheux problème qui occasionne des maux dans nos sociétés.

Scènes de vie

La vie des retraités fait voir certaines scènes caractérisées par des comportements qui suscitent une forte inquiétude. Quand on demande à des personnes matures d’arrêter de travailler et de rester à la maison, on n’est malheureusement pas sûr d’être à l’abri d’incongruités, de vices, d’actes irresponsables.

Il y a certains retraités qui décident de prendre une nouvelle femme qu’ils appellent leur épouse ou leur femme de la retraite, celle avec qui ils vont passer leur retraite. Avec cette nouvelle épouse ils vont offrir leur version de parodie de "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants." Ces retraités qui n’ont pas forcément le temps de s’occuper de leurs enfants de la retraite et de les voir arriver à l’âge de la majorité avant leur désincarnation vont laisser derrière eux des problèmes. Pour ceux qui connaissent les problèmes de polygamie en Afrique et le type d’entente qui existe en général entre enfants consanguins, on imagine facilement la situation. On voit d’autres retraités désœuvrés qui se mettent à fréquenter des cabarets et des bars où ils se comportent comme des voyous en se livrant à des attouchements corporels osés sur des serveuses tout en disant des grivoiseries voire carrément des plaisanteries obscènes ponctuées de rires luxurieux de vicelards. Ces retraités-là qui pensent avoir une espèce de droit d’agir ainsi, supposément du fait de leur aînesse et du respect qu’on leur doit, se permettent le luxe malséant d’être vexés quand une serveuse ne leur tolère pas d’avoir les mains baladeuses. À l’occasion, il arrive que celles qui se laissent faire deviennent des amantes passagères de ces messieurs. Étant oisifs et n’ayant rien pour s’occuper certains parmi eux ont fait de l’alcool leur petit-déjeuner. Il y en a un comme ça qui dès le matin va s’asseoir dans n’importe quel bar, armé d’une pile de journaux qu’il entreprend de lire tout en picolant sa bière jusqu’à l’heure de la pause à laquelle il rentre à la maison, comme quelqu’un qui s’est rendu au service. On sent vraiment qu’il n’a pas envie de rester à la maison. Beaucoup de retraités, pour fuir l’oisiveté, j’imagine, deviennent des joueurs invétérés de jeux de hasard, le P.M.U. (Pari Mutuel Urbain) notamment. Franchement, d’après mon observation, ce n’est pas si tant le gain qui les préoccupe mais c’est pour s’occuper que certains sont joueurs. Vous pouvez les voir assis à une table en train de faire des calculs et des calculs; et ça leur donne cette sensation de faire un travail.

De façon générale, ce sont les hommes qui s’adonnent à l’alcool mais il arrive de rencontrer aussi des dames à la retraite qui se mettent de temps en temps à faire une petite expérience de l’état éthylique; ce n’est pas bien grave. Cela devient grave lorsque ces dames aussi contractent le syndrome du fond de bouteille (d’alcool). Les autres femmes retraitées qui ne prennent pas de l’alcool s’adonnent à "l’opium du peuple" qu’elles vont consommer jusqu’au fanatisme. Il y a d’autres femmes encore qui attrapent le vice des associations et veulent être membres de toutes les associations possibles. Ce qui les conduit à des agissements les plus irrationnels. «-Mais maman, c’est encore quoi ce nouveau pagne que tu es allée acheter?
-Ça, c’est le pagne de notre association des femmes de l’amicale des anciens lycéens du lycée Akaba. On veut porter ça pour aller remercier le Chef de l’État pour ce qu’il fait.
-Encore? Seigneur!»

Par manque de travail, d’autres retraitées encore deviennent des affaireuses, des colporteuses de ragots, ce que mes frères Ivoiriens appellent des kpakpatos.

Ce tour d’horizon montre que des vices comme l’alcoolisme, l’adultère, la débauche, l’addiction aux jeux de hasard naissent et/ou se développent dans la retraite. On se rend donc compte de l’existence d’une délinquance sénile due à l’oisiveté et l’ennui occasionnés par la retraite.

Situation difficile

Il n’est pas facile d’être à la retraite, sans travail, sans activité épanouissante, confiné à la maison dans l’oisiveté et ne pas tomber dans un vice. C’est pour cela que certains retraités finissent par faire des choses anormales et deviennent de véritables cas sociaux, insupportables et chiants. À noter aussi que la paresse est un vice. À force de ne plus travailler, on peut finir par devenir paresseux. C’est ainsi que vous voyez des gens qui vous appellent, vous qui êtes éloigné, pour venir leur prendre un gobelet posé à quelques centimètres d’eux.

Il m’étonne que les autorités politico-administratives au plus haut niveau aient compris que la sédentarité constitue une situation favorable à la gestation et au développement de maladies d’autant plus ravageuses que l’âge est avancé et qu’au même moment ces autorités n’aient pas envisagé de revoir la retraite qui plonge bon nombre de retraités dans ladite sédentarité.

La cessation d’activité est une mort programmée qui peut s’observer même sur des machines. Laissez une machine au repos sans activité pendant un temps relativement prolongé (qui peut dépendre de la nature des machines) et vous verrez que cela a tendance à rendre la machine inutilisable. Je me rappelle que dans le temps où je travaillais dans une certaine structure, il y avait une imprimante obsolète (de fabrication et de modèle anciens) qu’on utilisait de temps en temps, histoire de la maintenir en vie. Quand il arrivait qu’on oublie de l’utiliser pendant un long moment, il fallait la démonter, la nettoyer et au besoin lui flanquer quelques claques -ça peut faire rire, je sais-, pour la faire remarcher. Vous voyez donc que la cessation d’activité n’est pas pour arranger les choses. Il est alors aisé de comprendre que l’état de santé des retraités se détériore par le fait d’une inactivité prolongée.

On peut se poser la question suivante: qu’est-ce que la retraite apporte à une société? Ce que les retraités ont à apporter à leur nation, on leur demande de cesser de l’apporter. Ce que la retraite aurait peut-être pu apporter, c’est de permettre de résorber le chômage des plus jeunes; les plus âgés partant à la retraite céderaient leurs postes à la jeunesse. Mais il n’est pas sûr que la retraite apporte cet avantage social à notre époque; il n’est pas sûr que la retraite ait jamais apporté un tel avantage même dans le passé. Je sais que ça ressemble plus à une supputation qu’à une démonstration car pour pouvoir affirmer cela avec plus d’assurance et de pertinence il aurait fallu avoir mené par exemple une étude comparée croisée du rythme des départs à la retraite et des recrutements par profession par année pendant environ une dizaine d’années, ne serait-ce que pour le secteur public, mais hélas je ne peux pas avoir les données pour une telle étude. Cependant ce qui peut donner foi à cette supputation c’est que le pouls du marché de l’emploi chez nous n’indique pas que le chômage baisse grâce aux départs à la retraite.

Quant au retraité lui-même, qu’apporte la retraite? Le malaise de l’inactivité et de l’oisiveté. L’autre aspect non réjouissant, c’est la pension de retraite inférieure à la rémunération perçue pendant le travail et on peut comprendre pourquoi. Voilà donc quelqu’un qui doit faire face à la baisse de son revenu sans que ses dépenses aient forcément diminué. Des retraités se retrouvent ainsi plongés dans une situation difficile. Ceux qui arrivent à se garantir une retraite paisible et dorée, comme ça se dit, sont souvent soit des gens qui ont un statut de fonctionnaire international, soit des gens qui ont trempé dans des affaires louches ou qui sont dans les arcanes du pouvoir.

Service reconçu

Mais que faut-il donc faire? D’abord il est clair et net que la retraite doit être abolie; c’est le moins qu’on puisse dire.

Il m’est arrivé une fois de discuter avec un retraité qui s’est trouvé une nouvelle occupation lucrative à qui j’ai posé la question saugrenue -il faut le dire-, de savoir pourquoi en tant que retraité il ne veut pas se reposer. Il m’a répondu que lui il ne peut pas rester assis tout le temps à ne rien faire et de me demander à son tour: «Comment peut-on dire à un homme [valide] de ne plus travailler?». Cette question, je me veux d’en être le relai de communication auprès de vous ami lecteur. La question de ce retraité révèle le souhait de continuer à être en activité. Ici il est peut-être important de faire remarquer que la retraite se rapporte plus au monde salarié conventionnel -public et privé- qu’aux professions libérales. Cette remarque est faite à juste titre pour montrer la catégorie de personnes les plus concernées.

On nous a fait croire qu’il y a un âge auquel on doit cesser de travailler alors qu’il est dit: «Tu travailleras.» sans mention d’une limite d’âge où il faut arrêter de travailler. Mais il est intéressant de voir que dans le monde de plus en plus l’âge de départ à la retraite est remis en question avec une tendance à l’augmentation du temps de travail même si les raisons évoquées sont tout autre. C’est un élément qui interpelle davantage sur la question de la retraite.

Il est faux de penser que les personnes d’âge avancé ne peuvent plus servir; leur service doit plutôt être reconçu. À priori on ne peut pas exiger des personnes d’un âge avancé la même vigueur, la même assiduité, la même endurance au travail que des jouvenceaux. Je dis à priori car il y a des "vieux" à côté de qui des jeunes ne peuvent pas tenir, hein. Cela mérite d’être relevé.

Sans avoir mené une étude approfondie, la première idée qui m’est venue est celle de la redéfinition de l’exécution du travail dans laquelle il faudra réduire la durée de travail à cinq heures par jour pour les personnes ayant atteint l’âge qu’on dit être l’âge de la retraite. Arrivé à cet âge, le travailleur va passer en "mode retraite" avec adaptation des horaires de travail. Le personnel vieillissant aurait par ailleurs -selon ce mode- droit à un congé de deux mois, deux fois par an; ce qui reviendrait à deux quadrimestres de travail par an. Les conditions de travail, les tâches et missions devront également être revues de manière à favoriser une mobilité accrue avec notamment des rotations de postes de travail.

Ceci n’est qu’une proposition pour permettre aux personnes envoyées à la retraite d’être toujours en activité. Elle aura sans doute besoin d’être mûrie et améliorée.

En conclusion je pense qu’il faut supprimer la retraite pour se débarrasser des maux qu’elle engendre. La retraite est d’autant plus injuste et antisociale qu’elle provoque une cessation définitive de travail et une mise au rebut du retraité sans aucune perspective heureuse. Refuser le besoin de travailler à des personnes encore aptes me paraît très absurde. Même aux retraités actuels souhaitant travailler, il faut songer à donner la possibilité de travailler.

Merci pour votre attention.

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2012-06-10

On ne peut jamais bien s’occuper en même temps des affaires de deux différentes activités; surtout s’il n’y a aucune dépendance professionnelle entre elles et qu’il y a l’ombre de conflit d’intérêt. Mais voilà, au Bénin certains ont une structure dont ils veulent être le directeur et dans le même temps être employé dans l’administration publique ou privée. Excusez-moi mais je désapprouve ça. Soit vous vous occupez de votre structure, soit vous êtes fonctionnaire. Peut-être qu’on peut avoir une structure dont la gestion est confiée à une tierce personne et rester soi-même fonctionnaire. Mais comme le Béninois a un sérieux problème de confiance et ne veut pas laisser une autre personne gérer sa structure, il veut diriger à la fois sa structure et être employé ailleurs. Ainsi, il refuse de démissionner pour permettre à une autre personne d’avoir du travail. Une femme travaillant dans une société d’État a créé sa propre structure. Et quelle est sa conduite? Elle va au service y passer une ou deux heures, ensuite elle court pour aller dans sa société régler certaines choses puis elle retourne au service. Mon avis c’est que celle-là elle trompe l’État et elle se trompe elle-même. Ce qui se passe lorsqu’on se comporte comme ça, c’est qu’on n’est pas assez productif ni d’un coté ni de l’autre. Dans un cas pareil, même votre propre structure ou boutique ne tourne pas comme il le faut.

Dans l’exécution des tâches, on note aussi qu’il y a des agents fauteurs autant que fautifs de pertes financières et de manques à gagner à l’État, qui font entorse aux procédures normales et appliquent leurs propres règles.

Une autre tricherie dont j’aimerais parler rapidement concerne les fausses déclarations de maladies et d’ordonnances. Certains appellent ça même "deuxième salaire"; vous vous rendez compte? On dit qu’on est malade ou qu’un conjoint ou un assujetti est malade; on se fait établir de fausses ordonnances et on vole le pays. Et il y a des médecins, ayant soi-disant prêté serment, complices de ce genre de choses. Il apparaît clairement que ce n’est pas l’intérêt général qui est la motivation des gens…

La paresse au travail du Béninois est une plaie qu’il faut soigner au plus vite; j’ose croire que ce n’est pas encore la gangrène. Un jour je suis allé chercher un document au palais de justice à Cotonou. J’étais dans le rang quand sur les coups de 5h30’ l’agent s’est levé à demi de son siège et a sorti la tête pour jeter un coup d’œil sur le rang. Puis il fait un soupir de fatigue et d’exaspération et nous dit «Moi je suis fatigué hein, il faut aller revenir demain». Et c’est ce qui s’est passé; les gens ont pris leur chemin pour rentrer chez eux, et moi-aussi je suis parti. Je me suis dit «Donc lui on l’a recruté pour être fatigué à 5h30’». Que se passerait-il s’il va prendre son salaire et qu’on lui dit que son salaire est "fatigué" de xxx francs qu’on lui aurait soustraits? Pour certaines questions, on peut être obligé de se rendre à Cotonou; et c’est pour s’entendre dire de revenir après car l’agent chargé de servir les usagers est fatigué à 5h30’. Où est la conscience professionnelle? Je vous le demande.

On ne veut pas travailler mais on est prêt à faire des réclamations. On est prêt à aller en grève et parfois à aller jusqu'à paralyser des secteurs d’activités. On ne travaille pas et on veut avoir l’argent du travail. Mais vous rigolez ou quoi? Je ne suis pas défenseur de Monsieur Boni YAYI le Président de la république, un Boni YAYI pour qui j’ai d’ailleurs refusé de voter en 2011 ainsi qu’à sa formation politique. J’ai publié un article dans le passé (en 2010) dans lequel j’indiquais les raisons de ce choix. Sans trop m’étendre dessus, je lui reproche notamment de s’être laissé prendre en otage par le jeu de la politisation à outrance et de s’être laissé aller aux "affairages" des Béninois (dans leur grande majorité). Toutefois je le supporte sur la question de la défalcation. Si quelqu’un ne travaille pas, quelque soit cette personne (même si c’est mon père ou ma mère), qu’on lui défalque son salaire; un point c’est tout. Je le trouve même un peu pusillanime, un peu lent à sévir. Il dit qu’il va radier et il ne radie personne. Si c’était moi, je vais radier les gens; et je ne vois pas qui de la communauté internationale ou autre va m’en empêcher. On peut me faire un coup d’état après, mais je les aurais déjà radiés. Ailleurs où on a radié les gens, qu’est-ce qui s’est passé?

Je l’ai déjà dit dans d’autres articles et je le redis ici; les syndicats (en quasi-totalité) sont pour moi une calamité au Bénin. On ne les voit jamais faire des manifestations pour exhorter les fonctionnaires à doubler d’ardeur au travail, à accroître leur productivité mais ils savent faire des grèves. Il faut croire qu’il leur est plus facile et agréable de faire des grèves.

Si on espère une augmentation de salaire, on doit s’atteler au travail. C’est le travail qui crée la richesse. Au sens strict, ce n’est pas l’entreprise qui crée la richesse comme certains le disent; c’est le travail qui crée la richesse. S’il y a des entreprises où les gens refusent de travailler, il n’y aura pas de la richesse.

L’état d’un pays, la physionomie d’un pays sont à l’image du peuple de ce pays. Si des pays qui se sont illustrés par le travail comme le Japon, l’Allemagne, les dragons de l’Asie ont atteint un niveau de développement à la mesure de leur travail, la loi de cause à effet(s) (ou loi de causalité) nous permet de dire sans se tromper que tout pays dont le peuple se donne véritablement au travail se développera certainement. Où croit-on conduire un pays avec les conduites au travail présentées ici? Quel pays au monde s’est développé avec des fonctionnaires irresponsables, paresseux, tricheurs, menteurs, voleurs?

Si maintenant on fait un petit point, on voit que le Béninois moyen ne travaille pas plus de cinq (05) heures par jour mais il veut prendre le salaire d’un travail de huit (08) heures par jour. Ceux qui travaillent véritablement huit heures par jour sont peu nombreux. Et ceux qui acceptent de travailler plus de huit heures par jour sans que cela leur soit comptabilisé comme heures supplémentaires sont absolument très rares.

Note finale

Ces divers agissements passés en revue créent un préjudice à un pays. Selon des calculs auxquels je me suis donné, il ressort que 37,5% (au moins) de la masse salariale S est non mérité et constitue une perte pour la nation. Aussi dans une situation de déficit de productivité, recruter davantage d’agents qui vont se comporter de la façon décrite plus haut n’est pas avantageuse. Si on veut réaliser Q quantité de travail, la contrainte de devoir engager plus d’employés pour atteindre Q provoquerait une augmentation de S × q/Q (où q est la portion de travail non réalisée) et on aura ainsi dépensé S + S × q/Q. Si les nouveaux salariés recrutés sont eux-aussi paresseux et travaillent 5h au lieu de 8h, on a une perte induite égale à 37,5% de S × q/Q dont il faudra tenir compte par étapes de recrutement ou de productivité. Il y a donc une quantité S × qi/Qi qui s’intègre chaque fois dans la masse salariale actuelle. La dépense salariale totale serait: S + S × qi/Q + S × qi+1/qi + ... + S × qn+1/qn (avec qi = pi de Q); soit S + S × pi + S × pi+1/pi + ... + S × pn+1/pn
Il va s’en dire que pour l’employeur plus qi ou pi est faible, mieux ce sera; l’idéal étant que cette valeur soit nulle. Et Q n’est réellement atteint que si cinq heures de travail par jour sont suffisantes pour le réaliser; sinon on s’en approcherait seulement...

C’est l’une des causes (il y en a d’autres) pour lesquelles il peut être difficile à un État de recruter. Or on veut que l’État recrute (n’est-ce pas?). Donc il va falloir que chaque salarié pris singulièrement se remette en cause.

De ce qui précède, il apparaît qu’une rétribution salariale plus juste serait celle élaborée sur une valeur prônée par le régime Boni YAYI: l’obligation de résultat.

Tel est le propos que je voulais partager avec vous. Je vous remercie pour votre précieuse attention.

C’est la première fois que je publie les éléments de cette étude dont je voulais faire un travail plus grand et un document plus complet. Mais à la réflexion, premièrement je n’ai pas toutes les ressources nécessaires et deuxièmement pour dire la vérité, je suis de plus en plus dégoûté par un peuple qui se refuse à la conscience professionnelle et qui ne fait rien pour s’améliorer. Alors si cet article peut inspirer certaines personnes, tant mieux. En ce qui me concerne je renonce à aller plus loin.

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Conduites Anti-Progrès des Salariés du Bénin

L’exercice des fonctions professionnelles au Bénin est caractérisé par des conduites négatives qui m’ont frappé et qui interpellent les personnes ayant véritablement un réel désir d’une amélioration de la situation. L’envie d’une étude sur ces comportements m’a conduit à collecter des informations, à observer des faits et gestes entre 2006 et 2008; à titre personnel. Cette étude bien qu’incomplète n’en révèle pas moins les raisons de la léthargie d’un pays comme le Bénin.

Scènes sur le lieu de travail

Tout de suite je vous informe que je suis arrivé à la triste conclusion que le Béninois ordinaire est paresseux, fainéant et travaille à peine cinq (05) heures par jour; et c’est par gentillesse que je dis cinq heures sinon je dirais entre trois heures et demi (03½) et quatre (04) heures.

Voyons ça de plus près. Comment commence déjà une journée de travail classique de la majorité des Béninois? Eh bien, elle commence… par le retard au service.

Naturellement, dirait l’autre.

En effet ce serait faire défaut à sa nature de Béninois que de ne pas aller au bureau en retard. Car un vrai Béninois va au bureau en retard. OK, d’accord j’ironise mais c’est tout comme si je n’ironisais pas.

Tout se passe comme si chaque salarié béninois a son heure, propre à lui. Il y a des gens qui jusqu’à 9h ne sont pas encore au bureau; d’autres se rendent au travail à 10h. J’ai même vu des gens aller au service aux environs de 11h sinon après. SVP, souventes fois; qu’on ne vienne pas dire que c’est une fois en passant. Vous pouvez faire vos propres investigations, si vous avez le cœur à ça: vous choisissez une structure, par exemple la Sobémap ou la SBEE ou le CCIB ou la HAAC ou la préfecture ou que sais-je, et vous vous pointez là à sept heures tapantes; vous vous mettez de l’autre coté de la voie et vous observez. Vous le faites sur une durée de un (01) mois et vous allez voir.

Une fois le Béninois arrivé au service en retard il ne va pas se presser pour aller à son poste sans s’arrêter pour dire bonjour par ci et par là et parfois passer de bureau en bureau pour dire bonjour aux collègues et papoter un peu. Il arrive aussi qu’au service des gens se lancent dans de longues discussions qui n’ont rien à voir avec le travail, surtout les discussions politiques. Même durant l’exécution des tâches, le travail est régulièrement entrecoupé de pauses-discussion. Quand un chef reçoit un appel et quitte son poste, il n’est pas impossible que ce soit pour aller bavarder. Et ça peut aussi bien être à son lieu de travail que dans une autre structure/société.

À partir de 10h on assiste à quelque chose: on voit les gens sortir à un rythme indéfini, soit un à un, soit par groupe de deux ou trois; pour aller manger. Il y a des gens qui vont boire la bouillie, d’autres qui vont manger de l’igname, du riz, de la pâte… D’autres prennent le petit-déjeuner dans les bureaux où déambulent des vendeuses de sandwiches. C’est le plus souvent le cas des chefs qui parfois envoient leurs subalternes leur acheter à manger à l’extérieur. C’est sans surprise que vous verrez des bols de tout genre dans les bureaux. Cet arrêt de travail pour la prise de petit-déjeuner peut prendre vingt (20) à trente (30) minutes ou plus.

Un autre phénomène que j’ai observé concerne une revue de presse (en fon, une langue du pays) qui je crois bien était à ses débuts. Je suis de ceux que cette émission laisse indifférents mais j’ai constaté qu’elle avait pour effet de faire cesser le travail des fonctionnaires. Les gens arrêtent carrément le travail pour écouter cette revue de presse. Et c’est là où je me questionne sur les patrons de media pour me demander s’ils ont conscience de ce que créent leurs différentes émissions. Dans des pays sérieux on réalise des études: enquête d’audience, habitude d’écoute (ce genre de choses) pour élaborer, réviser les programmes télé et radio. Le font-ils? Je ne crois pas. Je ne sais pas si cette revue de presse continue toujours (j’écoute très rarement la radio). Si c’est le cas, est-ce que ça crée toujours la cessation de travail? Il faudra alors faire quelque chose.

Bon, après le petit-déjeuner et la revue de presse, on reprend donc le travail. La vendeuse d’oranges, de bananes, de ceci et cela va entrer en scène. Les gens qui sont intéressés vont en acheter. Tout ça a lieu dans les bureaux, hein. À partir de midi et avant même que 12h30’ ait sonné, qu’est-ce qu’on voit? Du coin de l’œil on s’aperçoit que des gens rangent leurs affaires pour rentrer à la maison. Il y en a qui ont déjà la tête baissée sur la table pour un petit somme; pas étonnant avec toutes les choses ingurgitées. L’organisme a besoin d’un peu de repos pour bien digérer toute cette nourriture.

Et voilà la demi-journée achevée. À quoi va-t-on assister dans l’après-midi? À peu près à la même chose. Ceux qui sont rentrés vont s’amener après 3h alors que le travail commence à 3h. Sur les coups de 4h-4h30’ on va sortir pour aller manger: bouillie, ignames et beignets, ou autres. Différentes vendeuses vont encore faire la ronde mais quand-même moins qu’au cours de la matinée. Avant 6h30’ la plupart des gens ont déjà rangé leurs affaires, d’autres ont même déjà quitté leur poste.

Irresponsabilité, paresse, tricherie, etc au cœur de l’administration béninoise

S’agissant du travail lui-même, on met souvent les tâches de côté pour s’adonner à d’autres plaisirs. Ainsi vous voyez des gens qui passent leur temps à jouer au solitaire. C’est l’application du système Windows la plus maîtrisée par les travailleurs au Bénin. J’ai assisté à une chose un jour; un matin, une femme arrive sur son lieu de travail. Elle s’assied et met l’ordinateur en marche. Dès que la machine a fini de démarrer, quelle est la première chose qu’elle exécute? Le solitaire! Quand je pense qu’un jour, courant 2005 je crois, j’ai reçu dans ma boîte e-mail une histoire, provenant de TechRepublic auquel j’étais abonné, qui disait qu’un employeur aux USA a renvoyé un employé pour l’avoir surpris en train de jouer au solitaire au bureau; je me dis qu’il faut qu’on se ressaisisse au Bénin. L’employé surpris a été licencié sur le champ sans autre forme de procès [car même s’il n’y a rien à faire au bureau, il y a toujours quelque chose d’autre à faire que de jouer au jeu solitaire].

Par ailleurs le Béninois typique qui est très versé dans la tricherie a une compréhension vraiment étonnante du travail qui l’amène à des comportements anormaux. Il se trouve des fonctionnaires qui créent leur propre business dans les structures où ils travaillent. On voit ainsi des employés qui sont des vendeurs de pagnes, d’arachides, de cacahouètes, d’acajous en bouteille, etc. qu’ils viennent vendre sur leur lieu de travail, pour leur propre compte. Il y a donc des personnes qui ne sont ni plus ni moins que des commerçants et l’administration est leur marché. Il n’y a certainement pas de mal à faire du commerce mais je crois qu’il faut être conséquent, sérieux, responsable, courageux. Si on veut faire du commerce, il faut démissionner et aller ouvrir une boutique pour faire son commerce. On saura que c’est ce que la personne fait et on ira dans sa boutique pour acheter ses marchandises. Mais au lieu de ça, on vient faire du commerce dans les locaux administratifs. J’ai connaissance d’un ex-fonctionnaire qui a fait un départ volontaire de la fonction publique pour se lancer dans une activité qui l’intéressait. C’est ça ce qu’il faut faire. Si ça marche, ça marche; si ça foire, ça foire. C’est à vous de voir. Mais le Béninois préfère tricher, et si on dit qu’il est un tricheur, ça le fâche. N’est-ce pas? Or c’est de la tricherie.

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